Nous auditons chaque année une soixantaine de comptes Google Ads, allant de 1 000 € à 200 000 € de budget mensuel. Les problèmes récurrents sont étonnamment similaires d'un compte à l'autre. Voici les 10 points que nous contrôlons systématiquement, avec les signaux d'alerte à repérer.

1 — Structure du compte et segmentation

Premier signal observé : combien de campagnes actives ? Un compte à 1 seule campagne 'mélangée' est inauditable. Un compte à 30 campagnes pour un budget de 3 000 € est sur-segmenté. Règle empirique : 3 à 10 campagnes par tranche de 3 000 € de budget mensuel, segmentées par intention (marque, concurrents, générique, longue traîne) ou par produit/service clairement différencié.

2 — Stratégie d'enchères adaptée aux conversions

Quelle stratégie d'enchères est active ? Sous 30 conversions mensuelles par campagne, Target CPA et Target ROAS ne peuvent pas optimiser correctement. Nous voyons régulièrement des comptes à 8 conversions/mois en Target ROAS à 400 % — l'algorithme n'a simplement pas les données pour optimiser. Basculer en CPC manuel ou Maximize Clicks permet souvent de récupérer rapidement de la performance.

Vérifier aussi les ajustements d'enchère (device, localisation, heure) : ils prennent le pas sur les enchères automatiques et créent souvent des distorsions. Sur les stratégies automatiques modernes (2022+), ces ajustements doivent être supprimés ou mis à 0 %.

3 — Mots-clés et négatifs

Ratio mots-clés négatifs / mots-clés actifs : viser 30 à 50 % sur un compte mature. Moins, et votre compte diffuse sur des requêtes hors sujet. La liste de recherche (Search Terms Report) des 30 derniers jours révèle les opportunités : termes consommateurs de budget sans conversion = négatifs à ajouter. Termes générant des conversions sans être ciblés = mots-clés exacts à ajouter.

Types de correspondance : depuis 2021, les 'expressions exactes' se sont élargies sémantiquement. Un compte qui repose à 80 % sur du broad match ('large') est exposé à dépenser sur des requêtes non pertinentes. Privilégier un mix 40/40/20 (phrase/exact/large) selon maturité du compte.

4 — Quality Score et annonces

Quality Score moyen du compte : viser 7/10 ou plus. En dessous de 5, vos CPC sont artificiellement élevés et votre positionnement dégradé. Quality Score faible = message d'annonce trop éloigné du mot-clé, ou landing page non alignée. Les annonces responsives (RSA) doivent avoir 10+ titres et 4+ descriptions pour maximiser les combinaisons testées par Google.

Vérifier le Ad Strength (indicateur Google) : 'bon' ou 'excellent' sur toutes les RSA. Un 'moyen' ou 'médiocre' laisse 10 à 25 % de performance sur la table. Voir notre article dédié au Quality Score.

5 à 10 — Extensions, landing, audiences, tracking, budget, reporting

Les 6 points restants se contrôlent en 15 minutes chacun avec les bons réflexes :

Extensions : sitelinks, callouts, snippets structurés, localisation. Toutes activées et à jour ? Les extensions peuvent augmenter le CTR de 10 à 20 %.

Landing pages : temps de chargement mobile < 3s, alignement message annonce/landing, CTA visible. Une landing lente plombe le Quality Score.

Audiences : retargeting actif, audiences similaires exploitées, exclusions de clients actuels en place.

Tracking : import des conversions GA4, Consent Mode V2 actif, test du tag de conversion sur la page de confirmation.

Budget : taux d'impressions perdues par budget (onglet Enchères) < 10 % sur les campagnes rentables.

Reporting : tableau de bord mensuel en place, alertes sur KPI critiques configurées.

Exemple concret

Audit type : 14 leviers identifiés, +47 % de ROAS en 3 mois

Compte e-commerce outdoor, budget 8 000 €/mois, ROAS 2,3. Audit complet livré sous 48h. Constats principaux : 1 seule campagne pour 4 catégories produits, 3 % de mots-clés négatifs (vs 35 % attendus), RSA avec 4 titres (vs 12 recommandés), Quality Score moyen à 4,8, tag conversion dupliqué (conversions comptées 2 fois). Plan d'action : 14 leviers identifiés, 5 en quick wins (48h), 6 en court terme (4 semaines), 3 en moyen terme (3 mois). Résultat à 3 mois : ROAS passé de 2,3 à 3,4, soit +47 % à budget constant.

Questions fréquentes

Combien coûte un audit Google Ads ?
Chez Semsew, un audit de cadrage gratuit (2-3 points critiques identifiés) est offert sur tous les comptes. Un audit complet des 10 points démarre à 900 € pour un compte jusqu'à 10 000 €/mois, livré sous 3 à 5 jours.
Quand faut-il auditer son compte Google Ads ?
Annuellement au minimum, ou lors de 3 signaux : ROAS en baisse structurelle sur 3 mois, changement de stratégie Google (nouveau format, update), reprise de compte après départ d'une équipe ou d'une agence.
Peut-on auditer soi-même son compte ?
Oui, avec méthode. Google propose des outils gratuits : recommandations automatiques, rapport de performance, rapport de mots-clés. Comptez 4 à 6 heures pour un premier audit autonome. Les limites : absence de benchmark externe et biais de confirmation (on sous-estime ce qu'on a créé).

Un audit Google Ads bien fait identifie 10 à 20 leviers d'amélioration sur n'importe quel compte, même bien géré. L'essentiel n'est pas de tout corriger d'un coup — c'est de prioriser les quick wins (ROI immédiat) et d'étaler les optimisations structurelles sur 3 à 6 mois. Si votre compte dépense plus de 3 000 €/mois sans audit dans les 12 derniers mois, l'investissement se rentabilise en 2 à 4 semaines.